La santé mentale de nos jeunes 11 mars 2025
Question écrite De Eliane TILLIEUX, députée du groupe socialiste du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles,
À Valérie GLATIGNY, Ministre de la Fédération Wallonie Bruxelles en charge de l’Éducation et de l’Enseignement de promotion sociale.
Concernant : La santé mentale de nos jeunes
Madame la Ministre,
Le reportage de la RTBF, diffusé le 5 février lors de la journée nationale de prévention du suicide, met en lumière les graves lacunes de l’aide psychologique pour les jeunes et l'absence de soutien pour leurs proches. À travers le témoignage de Sylvie, mère de Noé, un jeune suicidé, il dénonce un système saturé : refus d’admission en psychiatrie, longues listes d’attente et manque de solutions adaptées. Les professionnels de santé alertent également sur leur surcharge de travail et les inégalités régionales dans l’accès aux soins psychiatriques. Depuis la crise du Covid-19, la détresse psychologique des jeunes a fortement augmenté, entraînant une hausse des admissions aux urgences pour tentatives de suicide et automutilation.
Le Centre de Prévention du Suicide (CPS) constate une explosion des demandes d’aide, les appels à sa ligne d’écoute, 0 800 23 123, ayant doublé depuis 2020. Pourtant, les moyens alloués à la prise en charge des crises suicidaires restent insuffisants. Les psychologues et bénévoles, bien que formés, sont en sous-effectif face à l’ampleur du phénomène. L’intervention du CPS au sein des écoles après un geste suicidaire est cruciale pour prévenir l’effet de contagion mais les ressources disponibles limitent leur champ d’action.
Les services spécialisés sont surchargés. Les hôpitaux psychiatriques sont saturés. Pour tenter d’étouffer leur mal-être, de plus en plus de jeunes se réfugient dans des drogues de synthèse et tombent dans l’addiction. Que faisons-nous pour préserver nos jeunes de ce mal-être ? Pour rappel, madame la Ministre, le suicide est la première cause de mortalité chez les 15-24 ans, devant les maladies et les accidents de la route !
Les écoles sont en première ligne face à cette crise. Les troubles du comportement explosent, avec une augmentation du nombre d’élèves ayant des besoins éducatifs particuliers ou nécessitant un accompagnement spécifique. Certains enfants, notamment ceux atteints de troubles du spectre de l’autisme ou du TDAH, ont vu leur développement et leur intégration sociale fortement impactés par les confinements. Des enseignants et directions d’établissements scolaires témoignent d’une hausse des comportements agressifs et des difficultés langagières chez les élèves, révélant une problématique de fond qui dépasse le cadre scolaire.
Madame la Ministre, mes questions sont les suivantes :
Je vous remercie d’avance pour les éléments de réponses.
Eliane TILLIEUX